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Camouflage Autistique

  • Photo du rédacteur: Patricia Pereira
    Patricia Pereira
  • 12 janv.
  • 3 min de lecture
“Quand je rentre dans une salle remplie de gens, je deviens une nouvelle personne. Je pense et je réagis différemment, et je prends seulement conscience quand je m’effondre chez moi. Et le pire est que je ne sais pas faire autrement.”

Cette expérience peut paraître effrayante pour certains, pour d’autres elle peut être assez familière. Cette expérience illustre en réalité un phénomène intitulé camouflage, ce qui consiste dans la création et l’utilisation de stratégies pour cacher certaines caractéristiques qui peuvent être perçues comme négatives et/ou moins désirables par les autres.


Certainement toute personne aura recours à ces stratégies à un moment ou à l’autre, ce qui est tout à fait naturel et normal, mais il existe un groupe de personnes particulièrement touché par ce phénomène : les autistes.


Être autiste, actuellement, n’est pas certainement à la mode et peut même être sujet à des préjugés. Par exemple, une recherche faite en 2020 (Schneid & Raz, 2020) montre que la société a tendance à définir les autistes comme “défectueux”. Pour cette raison, les personnes autistes ont tendance à “cacher” des caractéristiques qui peuvent être associées à l’autisme. Plus intéressant est qu’elles peuvent le faire même avant de savoir que ces caractéristiques sont en lien avec l’autisme (Lai et al., 2017 ; Hull et al., 2019).


Pour être au clair sur la définition, camouflage est défini comme la différence entre la présentation externe d’un comportement et l’état / besoin interne de la personne en situation sociale (Lai et al., 2017). Dans le cas de la personne autiste, ces comportements ont comme principal objectif de s’intégrer socialement et professionnellement, pour :


  • paraître plus “normaux”,

  • se sentir connecté aux autres,

  • garder un métier ou être accepté dans un groupe,

  • réduire l’imprévisibilité des relations sociales (Hull et al., 2019).


Ce phénomène n’est certainement pas nouveau, mais il est assez récent en matière de recherche. Un des articles le plus intéressant (au moins pour moi) est celui de Hull et son équipe (2017) qui différencie entre l’assimilation, la compensation et la dissimulation. Prenons le temps de voir la définition et différence entre chacune forme.


La compensation fait référence aux efforts conscients ou inconscients pour compenser les défis sociaux en développant des stratégies qui permettent de gérer ou de masquer les caractéristiques autistiques. Cela peut inclure l'imitation des comportements sociaux observés chez les autres, l'apprentissage de scripts sociaux, ou l'utilisation de mécanismes pour cacher des difficultés spécifiques.


Les comportements de dissimulation, lesquels consistent à masquer délibérément des caractéristiques autistiques ou des comportements qui pourraient être perçus comme atypiques par les autres, sont aussi présents. L'attention et la modification des gestes, le fait de penser à paraitre plus naturel sont ici considérés.


Finalement, l’assimilation désigne les efforts pour s'intégrer ou se fondre dans un groupe social en adoptant des comportements perçus comme socialement acceptables, même au détriment de son identité personnelle. Cela implique souvent un renoncement à l'expression d'aspects authentiques de soi.


Ces comportements, en apparence plus anodins, ont un véritable impact négatif sur l'identité, la santé mentale et la création de liens réellement autentiques.


Pour cette raison, il est important de réfléchir qu’il n’est pas seulement à la personne autiste de s’adapter et de perdre son sens d’identité. Il sera important (vital même) d’intégrer une vision plus neuro-affirmative dans notre société.


Si vous êtes autiste, prenez le temps de connaître votre fonctionnement, sans honte ou culpabilité de vos besoins et de votre fonctionnement. Ensuite, créé (en petites étapes) un environnement où vous pouvez être plus autentique. Mais surtout, ne prenez pas ces mots comme une pression additionelle pour "enlever le masque". Le but n'est pas de vous donner une autre règle de comment agir, mais de vous permettre d'explorer ce qui vous convient.


Si vous n'êtes pas autiste, pensez à comment vous pouvez accomoder les besoins autistes et surtout ne jugez pas. Parfois il suffit de très peu pour faire la différence (positive) dans la journée de quelqu'un. Ah ! Et par le passage, formez-vous à l'autisme ou à la santé mentale.


J’aimerais terminer cet article avec une réflexion autour du besoin de créer une société plus autentique, une société où être different n'est pas une menace pour personne. Comment pouvez-vous aider à construire cette société ?



 
 
 

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